Une précarité énergétique grandissante en France

Comme pour le logement ou l'emploi, la situation française en matière d'accès à l'énergie est inquiétante. De nombreux ménages – plus de 3 millions et demi, sont plongés au quotidien dans des difficultés importantes et un recours difficile aux sources d'énergie.

La faiblesse des revenus se conjugue avec un habitat mal isolé, soit par manque d'entretien ou de rénovation pour les locataires, soit par manque de moyens pour les propriétaires modestes. Depuis plusieurs années, la précarité énergétique gagne du terrain.

Le rapport de Philippe Pelletier, paru en 2009, énonce le principe de la précarité énergétique : tout habitant confronté à une dépense en énergie supérieure à 10 % de leurs ressources, ayant des difficultés à payer sa facture. Le mal-logement est une cause essentielle à cette précarité : l'immense majorité des cas concerne les locataires du parc privé. S'enclenche alors une spirale de l'exclusion, de l'endettement aux coupures – voire à l'auto-coupure, faute de moyens. Dès lors, le logement devient aussi source de problèmes, en matière de santé – infections, maladies respiratoires, etc.
Le confinement des espaces pour conserver la chaleur, l'insuffisance ou le comblement des ventilations conduisent aussi parfois à des drames humains. Pourtant, les choix politiques de ces dernières années sont loin de répondre à l'urgence. L'interdiction des coupures d'énergies, pratique aussi injuste que les expulsions, reste limitée à la période hivernale. Les mesures successives de dérégulation du marché, depuis le début des années 2000, ont conduit à la
fin du monopole public de l'énergie.

La conséquence la plus visible est la hausse du tarif de l'électricité et du gaz pour les habitants. La loi Brottes, adoptée définitivement au début de l'année 2013, n'a pas engagé un plan d'urgence conséquent pour la rénovation des passoires énergétiques que peuvent être de nombreux logements. Face à la pression du lobby des propriétaires, les contraintes en matière d'amélioration thermique des bâtiments loués ont été écartées, au profit d'une maigre revalorisation du tarif social de l'énergie.
Ces choix expliquent la charge croissante des dépenses énergétiques des ménages. Entre 2012 et 2013, alors que le prix du pétrole baissait, le prix de l'électricité et du gaz ont atteint un nouveau record, avec en moyenne une dépense supplémentaire de 100 euros par an par ménage.