Si Versailles m’était conté…

Face à la colère des Français et la crise des « gilets jaunes », Emmanuel Macron s’est enfin exprimé hier soir ; et force est de constater que pas un mot n’a été consacré aux aides sociales et au logement, pourtant premier poste de dépense des familles.

Après plusieurs semaines de silence, le Président de la République s’est décidé à prendre lui-même la parole pour tenter d’apaiser la légitime colère des Français qui n’en peuvent plus de voir baisser leur pouvoir d’achat. Bilan de cette courte allocution ? Pas un mot sur les aides sociales. Aucune concession sur les APL. Rien sur le logement.

Il y a pourtant beaucoup à dire puisque non content de prendre 5 euros dans le portefeuille des locataires les plus modestes depuis octobre 2017, le gouvernement ne revalorisera l’APL qu’à hauteur de 0,3 % en 2019, tandis que les loyers augmenteront, eux, de 1,25 %. Les locataires vont donc, à nouveaux, perdre du pouvoir d’achat.

Premier poste de dépense des ménages, le logement est une préoccupation clé des Français à laquelle le gouvernement se doit d’apporter une réponse. Face à son manque de volonté, la CNL propose le gel des loyers pour l’année à venir ainsi que la revalorisation des APL : les gains prévus en 2019 suite à la mise en place de la simultanéité des aides s’élevant à 900 millions d’euros, la CNL demande que cette somme soit conservée dans le budget logement et utilisée pour revaloriser l’APL.

Enfin, le gouvernement doit immédiatement cesser ses attaques envers le HLM, seul amortisseur de la crise du logement en France, et mettre un terme à la ponction des organismes de logement social.

Donner plus de pouvoir d’achat aux Français, c’est aussi leur permettre de se loger décemment à un prix moins élevé.