Privatisation d’EDF : l’Etat sacrifie les usagers sur l’autel de la concurrence

Alors même que la crise sanitaire impacte lourdement la population française, et notamment les plus fragiles économiquement, le gouvernement s’apprête à acter le démantèlement de l’opérateur historique EDF. Ce projet, porté conjointement par la direction d’EDF et le gouvernement, va porter atteinte à la souveraineté énergétique et fragiliser nos capacités à produire une énergie accessible à tous, particuliers comme entreprises.

Dans un pays où plus de 13 millions de personnes vivent dans la précarité énergétique, soit 20 % des ménages français, et cela risque de s’accentuer avec les conséquences économiques de la crise, nous avons plus que jamais besoin d’un grand service public national de l’électricité.

Depuis plusieurs années, les attaques en règle contre le service public de l’énergie montrent que la baisse des prix issue de la concurrence est un mythe que tentent de nous vendre les libéraux. Pour exemple, entre 2007 et 2017, la facture moyenne d’un client chauffé à l’électrique a augmenté d’environ 36 % en France. La réglementation des tarifs de l’électricité et du gaz constitue un héritage historique issue de la loi de nationalisation de 1946 portée par le ministre, et résistant communiste Marcel Paul qui soulignait à l’époque l’importance de  « continuer à défendre, sans jamais défaillir, le service public, propriété de la nation, contre les représentants du grand capital industriel et bancaire dont le seul objectif est d'asservir encore plus le pays à leurs insatiables besoins de domination et de profits ».

Face à une crise sanitaire qui trouve sa genèse dans la destruction de la planète, nous avons besoin de garder une maîtrise publique sur la distribution et la production de l’électricité. Alors que le risque de basculement dans la précarité d’une grande partie de la population est réel, il est indécent que le gouvernement porte un projet qui va à la fois entraîner une hausse importante des tarifs d’électricité pour les usagers et une remise en cause des conditions de travail pour les salariés sous statut.

Pour la Confédération Nationale du Logement, l’électricité n’est pas une marchandise et Il y a urgence à sortir l’énergie du système marchand pour en faire un bien commun accessible à toutes et tous. Le projet « Hercule » discuté actuellement marque également le renoncement du gouvernement à mener une politique énergétique ambitieuse. En abandonnant un outil essentiel dans la lutte contre le réchauffement climatique, l’Etat se dédouane de ses responsabilités.

Consciente des enjeux pour les usagers, la Confédération Nationale du Logement dénonce ce projet mortifère pour l’avenir de tous et appelle à se mobiliser en participant aux rassemblements qui se tiendront partout en France le 10 décembre.