Plan de relance : un chèque en blanc aux entreprises, des miettes pour les jeunes, les locataires et le logement social !

Alors que notre pays traverse une crise économique et sociale sans précèdent, le Premier ministre Jean Castex a présenté aujourd’hui le plan « France relance » du gouvernement.   

Doté d’un budget de plus de 100 milliards, ce plan de relance, qui se découpe en trois volets (aides aux entreprises, transition énergétique et soutien à l’emploi) est loin de répondre aux enjeux économiques, environnementaux et sociaux posés par la crise du Covid-19.  

Une fois de plus le gouvernement utilise les vieilles recettes en accordant des milliards d’euros de baisse d’impôts et d’exonération aux entreprises, sans exiger de contrepartie en termes de maintien de l’emploi ou de transition écologique.

Applaudis chaque soir, salués à de nombreuses reprises par le Président de la République pour leur rôle essentiel, les premiers de corvées sont les grands oubliés de ce plan de relance.  

Les jeunes, eux, ne reçoivent d’autres perspectives que des emplois précaires et des formations. Alors que de nombreux économistes estiment que plus d’un million de personnes vont perdre leur travail, le gouvernement vise la création de 160 000 emplois !   

Une véritable ambition politique de lutte contre les inégalités aurait mis au cœur de son plan de financement l’augmentation des salaires, la revalorisation des APL et la fin des contrats précaires.

Dans le cadre des 30 milliards d’euros qui composent le volet transition énergétique du plan de relance, 7 milliards seront dédiés à la rénovation énergétique des bâtiments, répartis de la façon suivante : 5 milliards aux bâtiments publics (écoles, EHPAD, universités, mairies.., etc.) et 2 milliards aux bâtiments privés.  

Alors qu’une étude rendue publique cette semaine indique que la France compte 4,8 millions de « passoires thermiques », le plan de relance prévoit l’ouverture du dispositif « MaPrimeRénov' » à tous les foyers, sans conditions de ressources.   

Pourquoi accorder des aides à des ménages qui disposent de revenus conséquents ? Là encore, le gouvernement va renforcer les inégalités alors qu’il y a urgence à les réduire !   

Concernant le parc social, une enveloppe de 500 millions d’euros va être débloquée afin d’engager une rénovation énergétique et une réhabilitation lourde des logements sociaux.

Si la CNL se félicite que des fonds soient alloués pour engager des rénovations thermiques nécessaires, nous serons très attentifs à ce que la facture ne soit pas payée par les locataires et que ces financements ne reposent pas sur des dispositifs déjà existants.  

Nous réaffirmons notre opposition à la « 3ème ligne de quittance » et demandons son abrogation.   

Enfin la Confédération Nationale du Logement regrette qu’aucune ligne budgétaire ne soit affectée à la construction de logements sociaux alors même que les besoins sont immenses, et que ceux-ci représentent un véritable amortisseur à la crise sociale, économique et environnementale que subissent de très nombreux citoyens.   
Face à une crise économique et environnementale d’une ampleur inégalée, il faut des solutions politiques de rupture pour tendre vers un développement soutenable, social et écologique.  

Pour la CNL ce plan est loin d’être à la hauteur des enjeux et des attentes de millions de citoyennes et de citoyens, notamment en matière de logement, d’habitat et de pouvoir d’achat.   

Plus que jamais la mobilisation populaire est nécessaire pour imposer d’autres choix, utiles à l’intérêt général et à la protection de l’environnement.