Nuit des solidarités, une opération communication pour se donner bonne conscience !

La ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, propose de mettre en place une « Nuit de la Solidarités nationale », c’est-à-dire de coordonner une action auprès des vingt plus grandes villes de France, encourageant les citoyens à aller à la rencontre des sans-abris. L’objectif ? Elle l’assume, il s’agirait d’apporter de l’aide, du soutien, mais aussi de compter, d’affiner les chiffres concernant les sans-abris. Pourtant nous avons déjà des chiffres : il y aurait 300 000 sans-abris en France. Mais d’après la ministre, ces derniers seraient erronés, sur-estimés. Il n’y en aurait en réalité « que » 20 000 puisque la France est fière d’être dotée de 290 000 places d’hébergement d’urgence.

Quelle bonne idée de demander aux citoyens de vérifier les chiffres des associations ! Le but est-il de montrer aux volontaires que celles-ci exagèrent, que ces laissés-pour-compte ne sont pas si nombreux ? Bien sûr qu’ils le sont ! Le président avait annoncé que plus personne ne dormirait dehors à la fin de l’année 2017. Cette promesse n’a pas été tenue.  

En tant que ministre du Logement Madame Wargon a beaucoup plus d’options à proposer aux plus démunis que des animations nocturnes. Elle doit apporter de réelles solutions d’hébergement, sûres et accessibles, à défaut d’être en capacité de résoudre durablement la situation des sans-abris en leur proposant des logements de façon pérenne et une intégration par l’accession à un emploi. Depuis le début de ce mandat, et qui plus est de cette crise, le gouvernement sait à qui parler, sait mobiliser et faire appel aux efforts des Français, à leur responsabilité et à leur bonne conscience collective. Cette action s’ajoute au bilan évènementiel du gouvernement qui sait tout transformer en opération de communication, même la misère.  

Mais attention, l’évènementiel s’organise. Si la ministre « trouve ça très beau », elle souhaite attendre mai, les beaux jours, les températures supportables et la fin du couvre-feu pour donner le droit aux Français d’exprimer librement leur solidarité.

La Confédération Nationale du Logement dénonce une opération de pure communication insinuant que rien n’est fait. Nous invitons Madame Wargon à se rendre sur le terrain, elle pourra ainsi mesurer l’immense engagement de milliers d’associations qui, chaque nuit, sont aux côtés des plus fragiles pour leur apporter du réconfort et de l’aide. Pour la CNL, la lutte contre le sans-abrisme doit passer par la mise en place d’un service public du logement permettant à chacune et chacun d’avoir un toit.