Les APL face à l'austérité budgétaire

100% des familles sont inquiètes face à la charge logement. Pour beaucoup, c’est une charge financière qui pèse lourdement sur leur budget. Et pourtant, au jeu des économies budgétaires, les APL, qui constituent la dépense publique la plus importante dans le secteur du logement, sont de nouveau pointées du doigt.

La CNL l’a affirmé avec force devant les parlementaires : les APL sont indispensables au quotidien de nombreux ménages. Nous avons exprimé notre vive inquiétude face aux décisions envisagées.
Le gouvernement ne doit plus considérer les aides au logement comme une ligne budgétaire ajustable. La CNL a ainsi invité les parlementaires et le ministère du Logement à tenir tête à Bercy – à avoir un peu de courage politique pour sauver les ménages modestes et faire sortir les APL de la logique de l’austérité budgétaire !

La recherche permanente d’une « maitrise de la dépense publique » conduit à une situation insoutenable que la CNL soulignait déjà il y a 50 ans. En effet, depuis les années 1970 et la réforme de M. Barre, la CNL dénonce l’effet inflationniste des aides au logement sur les loyers et le désengagement de l’Etat des aides à la pierre. Car il ne faut pas oublier qu’une partie des 16,5 milliards d’euros versés en 2013 sous forme d’aides au logement se retrouvent dans la poche des bailleurs privés.

Repenser la politique du logement

A l’occasion de cette audition, la CNL a renouvelé son voeu : voir la politique du logement repensée. Une politique du logement efficace est une politique qui garantit un taux d’effort raisonnable pour les ménages. Ce qui n’est plus le cas actuellement. Aussi nous avons rappelé qu’il était urgent d’intégrer le poids réel des charges locatives dans le principe du calcul de l’aide au logement, charges en constante augmentation et non prises en compte dans le calcul du montant de l’APL.

Les aides au logement doivent être considérées par le gouvernement comme un élément d’une politique du logement globale, qui doit remettre les aides à la pierre et la construction de logements véritablement sociaux au coeur de son action. Plutôt que d’investir dans des dispositifs fiscaux coûteux qui ne relancent pas la construction, il est urgent de revenir à des aides à la pierre ambitieuses.