Métropoles, une logique d'ensemble : désengagement de l’État et promotion d'une ville rentable

Comme toute réforme de l'action publique, deux visions s'opposent : celle qui privilégie une action au service des marchés contre celle qui entend répondre aux besoins sociaux des populations.
Avec la loi MAPAM, le gouvernement a tranché : il s'agit de faire des villes et des territoires les nouveaux espaces attractifs pour la finance et les investisseurs privés. Au nom de la décentralisation, il s'agit de faire accepter aux populations et aux élus locaux le recul du rôle de l’État, en particulier dans son action pour la construction sociale. Cet objectif n'est pas nouveau. Déjà, lors de la loi de 2004 sur les Libertés et responsabilités locales, le gouvernement
de droite avait procédé au transfert illégitime de compétences aux collectivités, sans les moyens nécessaires. Le Fonds de solidarité logement ou encore l'aide à la pierre, très largement insuffisants au regard des besoins, avaient été
confiés aux départements. La conséquence est simple : la loi de 2004 avait ainsi accru largement les inégalités entre les populations résidant dans les départements riches et dans celles qui vivent dans les départements les moins dotés financièrement. À l'encontre d'une politique sociale, d'une politique républicaine d'égalité de tous les citoyens dans l'accès à un logement digne. 

Les nouvelles réformes engagées vont dans le même sens. Elles rétablissent la « clause de compétence générale des départements et des régions », véritable moyen d'action politique, mais sans aucun moyens financiers. La conséquence sera brutale : sans finances suffisantes, les conseils généraux et régionaux seront contraints à limiter leurs ambitions politiques. Elles créent également plusieurs métropoles, en particulier Paris, Lyon et Marseille. Le but inavoué ? Faire de ces villes des territoires compétitifs dans le capitalisme international. 

Trois problèmes majeurs

  • Des mesures antisociales : parce que la loi encourage la concurrence entre les territoires, elle accroît encore la spéculation immobilière. 
  • Des mesures contraires aux principes écologiques : parce que la loi ne combat pas l'étalement urbain ou l'éloignement domicile travail, elle aggrave les problèmes écologiques de notre société.
  • Des mesures antidémocratiques : parce que la loi met à mal les principes de proximité de gestion, elle aggrave le fossé entre les citoyens et leurs représentants.