Les Apl : l’obsession du gouvernement

Prétextant plus « d’efficacité » et de « justice », le gouvernement a décidé de repenser totalement les aides au logement en modifiant leur méthode de calcul : les APL ne seront ainsi plus basées sur les revenus N-2 mais sur l’année en cours. Un choix qui correspond plus à une logique de réduction de la dépense publique qu’à une véritable volonté politique de réduire les inégalités sociales.

 

Prévu initialement pour entrer en application le 1er avril 2019, le nouveau mode de calcul des APL devrait, en définitive, être mis en place en début d’année 2020 après diverses annonces et rumeurs contradictoires.

Cette mesure s’inscrit dans la suite logique des attaques que le gouvernement mène depuis juillet 2017 (avec la réduction de 5 euros par mois des Apl) contre les aides au logement et, par extension, contre les populations les plus fragiles économiquement. Un sujet qui tourne presque à l’obsession pour le gouvernement qui ne s’inquiète pas de déstabiliser les allocataires, alors même que pour nombre d’entre eux une telle mesure aura un impact redoutable puisque près de 1,2 million de ménages allocataires pourraient voir leur Apl baisser voire disparaître.

Cette méthode de calcul sera dangereuse, notamment pour les allocataires du parc social, déjà soumis à la réduction de loyer de solidarité (RLS) : la moindre erreur pourrait engendrer des difficultés de paiement et augmenter ainsi le risque d’expulsion.

Cette réforme sera également particulièrement défavorable aux jeunes actifs qui percevaient jusqu’ici l’Apl une fois leur diplôme obtenu : dorénavant, ils n’auront plus droit à ce « coup de pouce », à cette « prime à l’installation » qui permettait d’adoucir légèrement le coût de leur entrée dans un logement. Le gouvernement choisit donc de fragiliser délibérément une des populations les plus précaires, à savoir les jeunes.

Comme elle l’avait déjà demandé en septembre 2018 lors de l’annonce de la loi de finances, la CNL appelle le gouvernement à utiliser les gains évalués entre 900 millions et 1 milliard d’euros dans le cadre de la mise en place de la contemporanéité du calcul des APL pour revaloriser les aides au logement et abroger la mesure RLS.