Construire une politique d'égalité pour tous nos quartiers

Financer une politique ambitieuse pour les quartiers prioritaires est un enjeu essentiel.
La loi sur la ville et la cohésion sociale de novembre 2013 prévoit de nouveaux crédits. Cependant, dans un contexte général de restriction budgétaire, il est essentiel que ces crédits ne se substituent pas aux crédits de droit commun. Pour résorber les inégalités, il est indispensable de mobiliser davantage les politiques de droit commun, en matière d'emploi, de politiques sociales ou d'éducation.
La rénovation urbaine doit aussi se poursuivre avec un réel effort financier de l'État. Aujourd'hui, la réforme prévoit un transfert de financement : Action logement (1 %) et la caisse de garantie du logement social deviendraient les nouvelles ressources de financement. C'est un très mauvais choix ! Cela signifie que la rénovation urbaine est payée par le travail et par les locataires HLM !
Si la politique de la Ville et la rénovation urbaine sont des priorités, il est urgent que des financements justes et pérennes soient mis en place, et que le retrait de l'État cesse enfin.

Inscrire les dispositifs dans la durée.
Depuis trop longtemps, les dispositifs de la politique de la Ville se sont accumulés, sans réelle cohérence et sans un suivi efficace dans la durée. Si de nouveaux dispositifs sont mis en place, comme la clause d'insertion qui réserve 5 % des heures de travail aux habitants des quartiers, ils doivent permettre une amélioration sur le long terme. La pérennisation des emplois, le renforcement de l'accompagnement sont indispensables pour que cette clause offre
réellement la possibilité d'apprendre un métier, d'obtenir une qualification supplémentaire, et ne reste pas un simple effet d'aubaine.

Lutter contre les discriminations et pour une réelle citoyenneté.
La lutte contre les discriminations est essentielle pour redonner confiance et espoirs aux habitants des quartiers politique de la Ville. Or, pour l'instant, les promesses de 2012 sont restées lettre morte. La lutte contre le contrôle au faciès a été reportée sine die. Le droit de vote des résidents étrangers aux élections locales, défendus par de nombreuses associations et promis par plusieurs formations politiques depuis plus de 30 ans a été récemment enterré.
Comment envisager une réelle intégration alors que de nombreux habitants restent des citoyens de seconde zone ? D'autant plus que ces mesures, symboliques mais essentielles, ne coûtent rien et sont des atouts pour un réel vivre ensemble dans nos quartiers.

Reconnaître les habitants.
La réforme doit enfin donner une place nouvelle aux habitants, encourager la participation à toutes les échelles. S'il est prévu l'entrée d'un représentant des locataires dans le Conseil d'administration de l'Anru, c'est encore largement
insuffisant au regard des 36 membres qui composent le conseil. La loi, qui prévoit aussi la mise en place de conseils citoyens locaux, reste muette sur le financement de ces outils participatifs.
Ce qui importe désormais, c'est de faire valoir une réelle politique de décisions partagées, à l'initiative des habitants, des associations représentatives, pour qu'enfin, « rien ne se fasse plus sans nous ».