3 ans après le drame de la rue d'Aubagne, l'habitat insalubre continue de menacer la vie de milliers d'habitants !

Alors que le drame de la rue d’Aubagne, à Marseille, est encore dans toutes les têtes, c’est avec beaucoup d’inquiétude que nous observons les événements qui viennent de se dérouler au cœur de la ville de Bordeaux. En effet, en moins d’une semaine, plusieurs effondrements d’immeubles ont eu lieu dans le quartier de Saint-Michel, occasionnant des blessés, dont un grave.

Si les effondrements de ces bâtiments semblent être le résultat de situations différentes, le premier était inhabité et faisait l’objet d’un arrêté de péril imminent depuis le 3 juin. La Confédération Nationale du Logement souhaite que la lumière soit faite sur ces accidents. Un récent rapport de l’Etat indiquait que 4,8 % des logements de Bordeaux étaient à risque (avec des degrés divers).

Si la Ville a engagé un réel travail sur ce sujet depuis l'arrivée de la nouvelle municipalité, notamment au travers de la récente mise en place du permis de louer ainsi que d'un partenariat avec le bailleur Incité dont le rôle consiste à prendre en charge le patrimoine vieillissant de la ville pour le rénover, de nombreuses interrogations demeurent. L’immeuble qui s’est effondré mercredi dernier avait été racheté en 2015 par Incité puis avait ensuite été rendu à son propriétaire privé qui s’était engagé à faire des travaux de reconstruction complets. Devant la non-réalisation de ces travaux, Incité a racheté cet immeuble en 2019 afin de faire lui-même les travaux. Comment se fait-il que 6 années aient pu se passer sans que les moindres travaux soient engagés alors que le logement était déclaré insalubre ?

Face à un marché immobilier tendu, où les marchands de sommeil prospèrent et mettent en danger la vie des habitants, la lutte contre l’habitat indigne et insalubre est, pour notre organisation, une priorité et elle doit passer par une action forte de l’Etat et des collectivités locales. Seule la régulation publique et une politique ferme à l'égard de celles et ceux qui mettent en danger la vie des gens au nom de l'argent peuvent lutter efficacement contre cette situation.

La CNL demande à la Ville de Bordeaux de prendre des mesures immédiates pour sécuriser l’ensemble des logements frappés d’insalubrité. Nous demandons à l'Etat de dégager d'urgence des crédits spécifiques à destination de toutes les villes concernées par l’habitat indigne et de renforcer l'arsenal juridique pour sanctionner celles et ceux qui ne respectent pas la loi.